Si aujourd'hui la France reste crispée sur les questions d'émigration, c'est parce qu'elle oublie de considérer que ces migrations sont dues essentiellement, à la fois, à son histoire coloniale et à son histoire post coloniale, à la façon dont elle a traité l'indépendance avec ses anciens territoires coloniaux, à la façon dont elle s'est repliée après avoir pillé ces territoires les avoir confisqué, après avoir profité du travail forcé, après avoir profité de toutes les ressources des ces territoires qui ont permis l'accumulation du capital en France et en Europe en général. Après tout cela, elle a fermé son portail. Aujourd'hui, il y en a qui force le portail. Et si au lieu de rester crispé sur la photographie immédiate de l'émigration, la France faisait l'effort de comprendre que ces flux migratoires sont dus essentiellement à l'histoire coloniale. Alors elle changerait son rapport au reste du monde, elle comprendrait qu'elle a des responsabilités et que finalement elle a comme le reste de l'Europe des dettes envers le reste du monde.
Christine Taubira, député de Guyane